L’automne pointe le bout de son nez, et avec lui, le meilleur moment de l’année pour semer sur votre rucher ! Face aux étés de plus en plus chauds, aux sécheresses et aux canicules à répétition, nos colonies d’abeilles souffrent
Le varroa destructor compte parmi les principaux ennemis des abeilles mellifères. Ce parasite externe s’accroche aux abeilles adultes et se reproduit dans le couvain, provoquant un affaiblissement progressif de la colonie. Outre les pertes directes, le varroa est également vecteur de nombreux virus. Pour maîtriser cette pression parasitaire, les apiculteurs disposent de plusieurs solutions. Reconnu comme l’un des traitements les plus efficaces : découvrez la méthode de sublimation par acide oxalique.
La sublimation de l’acide oxalique est une technique qui consiste à chauffer de l’acide oxalique en poudre afin de la transformer en gaz. Ce gaz se redépose ensuite à l’intérieur de la ruche sous forme de fins cristaux. Puis se fixent sur les abeilles et les surfaces internes de la ruche.
Cette méthode permet de traiter le varroa destructor sans introduire de résidus chimiques dans le miel ou la cire, tout en évitant de perturber la colonie. Contrairement à d’autres produits acaricides, l’acide oxalique agit par contact, sans danger pour les abeilles lorsqu’il est utilisé correctement.

Pour que le traitement anti varroa soit efficace, la période où l’on administre est déterminante. Contrairement à la méthode par dégouttement, qui s’applique lorsque les températures extérieures dépassent 12°C, la sublimation est efficace lorsque les températures sont supérieures à 4°C. Les abeilles sont regroupées et le traitement est mieux réparti dans la colonie, à cette température.
Il est essentiel de rappeler que l’acide oxalique n’agit que sur les varroas phorétiques, présents sur les abeilles adultes. Le produit ne traverse pas les opercules et n’atteint donc pas les varroas protégés dans le couvain operculé. Pour cette raison, le traitement doit être appliqué :
Lorsqu’une ruche est traitée en l’absence de couvain, les résultats sont remarquables : on observe généralement une chute de 90% des varroas présents dans la colonie.
Le traitement s’effectue à l’aide d’un sublimateur d’acide oxalique à batterie ou filaire. Le principe est simple :
1 – une dose précise d’acide oxalique (2g pour une ruche Dadant 10 cadres) est placée dans une coupelle, puis dans le sublimateur
2 – la ruche est fermée hermétiquement afin de retenir les vapeurs
3 – le sublimateur est introduit par l’entrée de la ruche
4 – le sublimateur chauffe la poudre jusqu’à la température de sublimation de l’acide oxalique (environ 200°C)
5 – les vapeurs se diffusent dans l’ensemble de la colonie et se recondensent en cristaux qui recouvrent les abeilles et l’intérieur de la ruche
6 – les varroas, en contact direct avec ces cristaux, subissent une action létale qui entraîne leur chute progressive, réduisant ainsi fortement l’infestation
Précautions de sécurité : la sublimation dégage des vapeurs toxiques pour l’homme. Il est impératif de porter un masque filtrant adapté, des gants et une combinaison à usage unique. L’apiculteur doit toujours se tenir hors du flux de gaz et s’assurer d’une bonne ventilation après le traitement.
Le choix du matériel dépend du nombre de ruches et du rythme de travail de l’apiculteur. Deux modèles sont particulièrement répandus :

Le choix de votre appareil dépendra ainsi du nombre de colonies à traiter et du temps dont vous disposez pour appliquer ce traitement.
L’utilisation d’acide oxalique pur, non homologué est interdite en France. L’apiculteur doit donc se procurer un produit disposant d’une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché). Cela permet de garantir à la fois la conformité réglementaire et la sécurité des colonies.
En France, seuls certains médicaments vétérinaires à bases d’acides oxaliques sont autorisés. Ils sont délivrés en pharmacie, auprès d’un vétérinaire ou par l’intermédiaire des GDSA (Groupement de Défense Sanitaire Apicole).
Bonjour, ce type d'intervention doit être limité car s'agissant d'acide, le risque pour les abeilles deviendrait supérieur au bénéfice attendu contre le varroa. Le produit risque d'infiltrer la cuticule de l'abeille et contribuer à un effet toxique ayant des conséquences directes sur la santé de la colonie, dont des lésions des organes de l’appareil digestif de l'abeille. Idéalement il faut agir en décembre/janvier en dehors de la présence de couvain, et ne renouveler que si la pression de l'acarien est trop forte, mais toujours en l'absence de couvain. Pour ce qui concerne le placement du sublimateur, le choix de sublimer par le haut est en effet le plus efficace. Beaucoup d'apiculteurs ne le font pas car cela suppose de percer. Il existe cependant une alternative avec l'utilisation d'un food chamber, c'est une demi hausse qui peut être utilisée percée et placée sur le corps de ruche le temps du traitement et retirée ensuite sans avoir à endommager la ruche.
bjr même question..répondez svp
Bonjour Pour la sublimation il y a des questions très peu abordées dans tous les articles : - peut-on faire plusieurs sublimations par an sur une ruche ? - doit on introduire le sublimateur par l’entrée de la ruche où faire un trou dans le haut de la ruche (qu’on rebouche avec une cheville) et faire la sublimation par le haut car le gaz d’acide oxalique est plus lourd que l’air et descend ? Merci beaucoup pour ces réponses Chantal Weiss