Comment lutter contre la fausse-teigne en apiculture ?

Qu’est-ce que la fausse teigne ?

La fausse teigne est un papillon de nuit parasite de l’abeille. Elle se divise en deux familles de papillons : la grande fausse teigne, de son nom latin Galleria melonella et la petite fausse-teigne aussi appelée Achroea grisella. Cette dernière est plus petite et plus rose. Toutes deux font partie de la famille des Pyralidae sous-famille des Gallerinae. C’est la plus grande des deux qui fait le plus de dégâts.
La taille adulte de la Galleria melonella varie entre 30 à 41 mm. Le papillon vole principalement du printemps à l’été, plus précisément de mai à octobre.

Fausse teigne adulte (Galleria mellonella) : papillon de nuit, source : Apisavoir.ch

Quel danger représente-t-elle ?

La fausse-teigne n’attaque pas les butineuses directement, ce sont les larves de deux papillons (petite et grande fausse-teigne) qui détruisent leur milieu de vie pouvant entrainer la perte de la colonie. Elles dévorent la cire et le pollen et sont en mesure d’anéantir en 10 à 15 jours l’ensemble des rayons de ruches affaiblies…

Réseau de galeries tapissées de soie protectrice de fausse-teigne, source : apisavoir.ch

Comment la détecter ?

Vous la retrouverez uniquement dans les colonies faibles ou à l’agonie, les ruches mortes ou dans les hausses vides.
La femelle pond la nuit, dans les cavités irrégulières de la ruche 50 à 150 œufs, souvent dans les hausses pour ne rencontrer aucun obstacle à leur développement. Ces derniers sont difficiles à distinguer à l’œil nu. D’un blanc rosé, ils mesurent 0.5 mm et éclosent en 5 à 16 jours si la température est supérieure à 9 °C.
Après leur éclosion, les petites larves subissent de nombreuses mues et grossissent rapidement. Si repérer les œufs est proche de l’impossible, les dégâts provoqués par les larves sont loin de passer inaperçus. De plus, notez que si les conditions sont favorables, les larves doublent leur poids chaque jour durant les 10 premiers jours suivants leur éclosion !
Elles creusent ainsi des galeries dans la cire qu’elles tapissent de soie pour se protéger des abeilles. Après leur dernière mue, les larves devenues chenilles sont extrêmement voraces. Grâce à leurs pièces buccales très acérées et résistantes, elles peuvent même creuser des galeries dans le bois de cadre ou de corps de ruche.
Elles finissent par tisser un cocon de soie protecteur sur le bois de votre ruche. Quelques semaines plus tard un papillon s’en échappera et il n’aura pour seul but que sa reproduction. Celle-ci aura lieu dans les arbres à proximité. Et le cycle reprend de plus belle.

Larves de fausse teigne plus ou moins âgées. source : Apisavoir.ch

Comment l’éliminer ?

Veiller à la taille de la colonie.

Sachez qu’une colonie forte connaîtra peu de difficultés à se débarrasser de l’intruse. Celles affaiblies, en revanche, seront des victimes de choix pour la fausse teigne. Ne laissez aucune place au développement du papillon. Adaptez la taille de la ruche à celle de la colonie : la méthode la plus simple et efficace consiste à retirer les cadres qui ne sont pas occupés par les abeilles afin qu’ils ne soient pas à leur tour infestés par les chenilles de la fausse-teigne.

L’utilisation du Bacillus thuringiensis

L’agent biologique appelé Bacillus thuringiensis peut être également utilisé même en agriculture bio. Sa bactérie tue les larves ou le papillon si ce dernier l’ingère. Cette solution est à pulvériser sur tous les cadres et n’a aucun effet sur les abeilles ou l’homme. Malheureusement cette méthode n’est plus autorisée en France.
Si vos ruches sont infestées, n’hésitez pas à demander conseil au Groupement de Défense Sanitaire Apicole (GDSA) le plus proche de chez vous.

Comment éviter qu’elle ne s’installe dans les ruches ?

Protéger le stockage des hausses.

Le lieu de séjour royal pour la fausse-teigne est la hausse vide, tout particulièrement les stockages de hausses pleines de cadres cirés. Sans abeilles comme obstacles à leur festin, les larves se régalent des rayons bâtis. Afin d’éviter l’arrivée indésirable de ce gêneur, il existe des solutions tout à fait naturelles qui repoussent le papillon sans dépenser un seul sou ! La fausse-teigne a les courants d’air et la lumière en horreur.
Il ne vous reste plus qu’à retrousser vos manches et empiler les hausses à l’extérieur (si ce n’est pas déjà le cas !). Surélevez la pile au-dessus du sol et placez des aérations (grille à reine ou grillage simple) sur son socle et son sommet afin de créer un courant d’air « effet cheminée ». N’oubliez pas de protéger l’ensemble contre la pluie.
Si des larves ont commencé à se développer dans les stocks de hausses, vous pouvez avoir recours au soufre à diffuser afin de les tuer. N’affectant pas les œufs, la vapeur de soufre présente tout de même l’avantage de ne pas être soluble dans la cire. Ces précautions sont souvent suffisantes contre l’installation du parasite. Cependant, cette méthode ne peut être utilisée pour la protection des cadres de hausses en raison des risques de résidus retrouvés dans le miel.
Dernière possibilité tout à fait naturelle : les guêpes ! En temps normal, elles sont rarement les bienvenues, mais si vous leur permettez de visiter les rayons, elles élimineront les œufs et les larves.

Stocker les hausses permet de protéger les cadres de hausse cirés de la fausse-teigne.

L’emplacement de votre rucher.

Les ruchers situés à 1 000 m d’altitude ne connaissent pas de problème de fausse-teigne. Cette dernière ne peut survivre au-delà de 1 000 mètres d’altitude. L’altitude maximum pour l’installation d’un rucher s’évalue à 1 500 m, ils sont plus rares à cette hauteur, car les hivers sont plus longs et obtenir une colonie forte pour la miellée est plus difficile.

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